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Une rencontre qui peut bouleverser le destin ( Feature Artemis)

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Dim 4 Sep - 13:42
Musique:
 

L’immense mineur se tenait près de la minuscule fenêtre de la chambre qu’il occupait. Il avait sélectionné cet endroit non pour l’espace, guère plus grand d’un placard à balai, mais pour son isolement.  Le colosse ne voulait pas accabler sa nièce avec une dose massive de désespoir. Voilà quelques semaines qu’il était arrivé avec Sandra dans la ville d’Olso et la honte l’avait fait se cacher loin des gens. Honte de sa lourdeur cérébrale, honte de ce physique disgracieux, honte de tout ce qu’il représentait. Une gargouille à peine sculptée dans le granit avait plus d’attrait que le géant difforme. Dans l’esprit corrompu par le chagrin et embrumé par la lenteur chronique qui s’était vu affligé durant toute sa misérable existence, l’homme déformé se jura à son arrivée que ce n’était que pour une nuit. Mais le séjour du colosse s’était échelonné sur plusieurs jours, à cause d’un ange descendu du ciel pour le faire sentir un peu humain. Il ne restait que pour sa nièce dans son lit de mille douleurs et une infirmière. L’être divin qui ne le fuyait pas comme les gens de l’hôpital. Qui ne parlait pas dans son dos et se moquaient de ses innombrables défauts.  Mais à part cette personne à la bonté si merveilleuse, Robert était de nouveau seul.

Des fois il surprenait la douce apparition dans le couloir ou bien dans la chambre d’un patient. Toujours la grotesque créature laissa la beauté de son chant, seule touche de beauté dans ce corps repoussant, enchanter l’ouïe de l’ange à la chevelure doré. Comme un papillon qui se posait sur une fleur rare et précieuse. Un chant apaisant, sans arrière-pensée. Juste pour faire fleurir un sourire sur les traits à la perfection ciselé de la douce apparition divine. Mais bientôt la gêne et la honte assombrissaient les traits monstrueux de l’homme. Se sentant alors de trop dans les environs, un intrus dans l’aura de perfection de l’infirmière trop parfaite pour lui, le monstre de foire se dépêcha de sortir son ignoble carcasse. Aussitôt à l’écart de la vision des yeux si purs de Sabrina, le doute assaillait le monstre de foire. Des pensées sombres percutèrent l’esprit lent de la bête de foire avec la force d’un train lancé en grande vitesse.

Tu sais qu’elle va partir aussitôt qu’elle ne va plus avoir besoin de toi mon grand? Elle est trop gentille pour toi et  bientôt elle ne va plus vouloir te voir, car tu ressembles à un monstre… Tout le monde te le dit, alors pourquoi ce serait différent maintenant?

Et cette voix diabolique avait raison. Depuis quelques jours, un homme s’était rapproché de l’être divin. Il la faisait rire et sûrement que le chainon manquant qu’il était n’était plus de taille pour s’approcher de la douceur même. Sabrina ne le saluait plus quand l’inconnu était dans les environs, son regard d’émeraude totalement noyé dans le charme du séducteur.  Il avait tout fait pour se rendre utile, mais le destin avait rejeté de nouveau l’erreur de la nature en bas de l’échiquier de la vie. Le colosse difforme était le premier à se sacrifier pour les autres, se battre et charger pour éviter la moindre blessure aux gens qui méritaient de vivre. Il était le monstre alors c’était sa destinée de mourir non? Il ressemblait à une créature difforme libérée des enfers. Comme à son habitude il s’était sauvé au loin.  Loin des humains. Le monstre de foire avait essayé d’utiliser son don pour soulager quelques souffrances, subissant à son tour les douleurs des malades. Robert n’avait fait que cette action pour aider des gens qui se foutaient de son existence. Il ne voulait qu’essayer de se rapprocher des gens et pour d’habitude il avait échoué lamentablement.  De nouveau seul au monde, de nouveau rejeté par l'humanité qu’il désirait se rapprocher. Et dans le même souffle, sa nièce adorée se débattait de plus en plus faiblement contre les doigts glacés de la Faucheuse qui ne désirait que prendre son âme céleste et la consumer avec gourmandise.

Et la solitude glacée replongea sa lame dentelée dans le cœur de l’homme pour le remettre dans un état si lamentable qu’à ce rythme il ne pourrait plus rien ressentir. Plus d’amour, de tendresse ou bien de la bienveillance qui l’habitait depuis toujours. Juste un froid de désespoir et de peine qui tombaient comme une cape lestée de plomb sur les épaules massives du mastodonte. Une tristesse qui éteignait peu à peu la flammèche d’humanité qui brillait dans son cœur parsemé de cicatrices sanguinolentes.

Des fois la nuit, quand Morphée refusait de prendre dans ses bras l’imposante carcasse de Bobby pour le laisser broyer du noir en silence, les oreilles du mineur percevaient des gémissements lointains qui brisaient le lourd silence et le repos éphémères des patients. Et quand la fatigue remportait finalement le bras de fer contre l’angoisse et la peine du géant, ce dernier revivait sans cesse la scène douloureuse qui l’avait anéanti. Mais dans ces songes cruels, les voix accusatrices de Sandra et Rosalie attaquaient les minces défenses psychologiques du géant et le tourmentaient avec des mots cruels et sans équivoques. Toujours le monstre de foire se réveillait en sursaut, son corps déformé et musculeux ruisselant de sueurs et le cœur voulant s’arracher de son torse. Comme cette nuit…

Mais cette nuit là, à la lueur de la lune, le regard de l’homme se perdit dans la douceur du tapis d’astres lumineux. La fraicheur du temps fit apparaître des petits nuages de vapeur à la sortie des lèvres exsangues du géant et ce dernier ne se doutait aucunement de l’éveil de l’ange endormi. Se frottant les mains l’une sur l’autre dans une tentative de se réchauffer et de se rassurer, l’être à la carapace hideuse sentait le désespoir le gagner de nouveau. Des pensées envers sa nièce et sa sœur adorées s’envolèrent vers les cieux, seul lieu de refuge pour deux âmes si merveilleuses selon le mineur. Une prière toute simple fut formulée par l’esprit lent de l’homme du Kentucky.

Robert- Rosalie, j’aimerais être avec toi… Viens me chercher, car je ne sais plus quoi faire… Prends Sandra avec toi et nous pourrons être de nouveau réunis... Elle souffre tellement et je ne peux rien faire pour elle...

Des larmes salées creusèrent alors des rigoles dans la poussière qui parsemait l’horrible faciès du géant. À cet instant précis, la volonté de l’erreur de la nature se fissura. La tristesse et le chagrin tombèrent sur Robert comme la hache d’un bourreau impassible. Des pas avaient résonné sur le parquet du corridor menant à la chambre du monstre de foire, mais celui-ci n’entendit rien durant ces instants de détresse impitoyable. Sortant le couteau pliant qu’il portait à la ceinture, Bobby regarda sa laideur renvoyer par l’éclat métallique de la lame. Armant son bras pour se porter un coup mortel et mettre fin à sa vie dénuée de sens, une voix céleste se manifesta soudainement. Une paire de bras translucides l’étreignit alors avec force et de stupeur le colosse laissa tomber l’instrument de mort de sa main immense. Sentant une tête fantomatique se poser sur son torse, les narines du monstre frémirent alors. Une senteur familière venait de déclencher un souvenir profond au  subconscient de Robert. Le shampoing à la fraise que Rosalie affectionnait particulièrement. Aussitôt les mains de l’homme du Kentucky se déposèrent avec amour dans le dos et sur la tête de l’être translucide. Des ruisseaux salés se transformèrent alors en des rivières au fort débit. Flattant une chevelure que lui seul pouvait toucher, une voix faible s’échappa alors de la gorge nouée d’émotion du mastodonte.

Robert- Rosalie, je m’ennuie de toi tu ne sais pas comment… Je veux te rejoindre et pouvoir danser de nouveau avec toi…

Une voix chantée répondit alors directement à l’âme terrifiée, mais bonne et avenante de la pathétique créature.

Rosalie- Moi aussi je m’ennuie de toi mon amour, mais ce n’est pas le temps tu le sais… Tu as des gens sur qui veiller et quelques soit les décisions ou l’attitude qu’ils vont prendre, dis-toi que tu es la merveilleuse personne qu’on apprécie toujours même dans l’au-delà et que tu fais le bien comme pas un.

Pendant quelques instants, le sosie de Frankenstein puisa du courage dans l’être fantomatique et les larmes se tarirent tout doucement. L’air changea subtilement, se remplissant d’éclats de rire fugaces et perceptibles seulement perçus par l’ouïe fatiguée du colosse.  Sentant une traction imaginaire vers le bas, les genoux du mastodonte se fléchirent  et des lèvres douces et translucides se déposèrent sur la joue mal rasée de Robert. Tous les doutes, les peines et les peurs du géant s’évanouir alors comme des nuages gris devant la pureté des sentiments de la nièce du monstre de foire.  Une dernière parole caressa alors l’âme reconstruite de la bête.

Sandra- Chante-moi la chanson que tu me chantais lors de notre première rencontre mon amour…

Ne pouvant rien refuser à son ange, le mineur commença alors à fredonner. Mais avant que le contact imaginaire soit rompu, le mastodonte parla avec amour et franchise de sa voix rauque.

Robert- Je t'aimerais toujours mon ange.

Rosalie- Moi aussi de tout mon cœur et mon âme mon être de lumière! Allez essuie toi le visage mon gros bêta…

Souriant grandement de la joie et de l’allégresse tout à coup rendues à son cœur mis en charpie, la beauté intérieure du monstre se manifesta alors de la plus belle manière qui soit. Un chant pur à la sonorité presque parfaite se produisit alors. Le don caché par la montagne de muscles déformés se dévoila au grand jour. Un don si pur qu’on aurait pu jurer que les grands chanteurs d’autrefois s’étaient réincarnés dans ce réceptacle répugnant. Perdu dans des  notes magnifiques rattachées à des souvenirs tristes et heureux à la fois, le colosse tapa du pied en mesure. Les yeux presque fermés, essuyer du passage des larmes sur son horrible faciès par sa main titanesque, lunatique et perdue dans un état de rêve des plus soyeux, le monstre de foire farfouilla dans sa poche pour son délice chocolaté. Tout à ses souvenirs, l’esprit lent du mineur ne vit aucunement la forme gracieuse sur le pas de la porte. La voix chaude, rauque souhait continuait de faire le prodige qui charmait totalement les oreilles chanceuses d’en percevoir le chant. Il déchira le sceller de l’enveloppe de la barre de chocolat et il vit enfin une ombre. Le chant mourut subitement et la honte apparut sur le grotesque faciès du monstre. Arrêtant de respirer, la bête savait pertinemment l’image que la personne percevait. Un horrible sosie d’humanité de plus de deux mètres, aux muscles déformés et aux cicatrices labourant ses mains et ses bras. Une création d’un savant fou en quelque sorte. Les gens s’arrêtèrent là en général, oubliant de regarder dans le regard bleuté du colosse. De la pureté, de la gentillesse et de la compassion parcouraient son regard comme des vaguelettes sur un océan calme. Regardant autour, la pathétique créature trouva une zone d’ombre près du pour lui permettre de  caché l’horrible apparence qu’il transportait comme un fardeau.  Timidement, rassuré quelque peu d’avoir pu dissimuler sa carcasse ignoble, la voix rauque et aux mots à peine mâchés de Bobby se manifesta dans un murmure.

Robert- Je suis désolé d’avoir chanté… Euh… de vous avoir réveillé… Euh…Je me tais promis? Euh…

Robert ne savait aucunement depuis combien de temps la personne l’espionnait…
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Sam 24 Sep - 5:01
Mon regard se perd vers ma fenêtre fermée, dissimulée par un rideau métallique pour être certain que rien ne traverse jamais. Un soupire triste vient alors franchir mes lèvres .. Chaque jour qui passe, je me retrouve à passer de longues heures .. de très longues heures à simplement fixer cette fenêtre. Cette simple fenêtre par laquelle je pourrais entendre tout pleins de sons, voir tout pleins de choses .. Malheureusement, je n'ai pas le droit de l'ouvrir, même le soir. Pour le moment en tout cas. Enfin, c'est ce qu'ils m'ont dit. Je ne sais pas trop si j'ai envie de les croire. Ils, ça représente les infirmiers et les médecins. J'ai toujours pensé que le milieu hospitalier étaient remplis de gens sympathiques et à l'écoute de leurs patients, mais je n'aurais pas pu avoir plus tard. Comme on dit, ce n'est qu'une fois bien ancré dans le système qu'on comprend la réalité, non ?

Je ramène mes jambes vers moi, les appuyant contre ma poitrine, posant mon menton sur mes genoux l'un contre l'autre. Je tente de me réconforter moi-même. Eliaz est venu me voir il n'y a pas si longtemps. Je dis ça, mais je n'ai absolument aucune idée du temps qui est passé depuis. Ça pourrait faire deux heures, comme deux jours ou comme deux semaines. Je n'ai plus de repères temporel. Je ne vois plus le soleil se lever ni se coucher, on ne m'ouvre jamais les volets, même pour que je puisse voir la lune .. Je crois qu'ils ont peur que je me sauve par là. C'est vrai que je me suis sauvé presque partout, à chaque occasion. Mais là, aujourd'hui .. Je n'en ai pas envie. J'ai envie de rien, absolument rien. Je me sens vide .. Je me sens morte. C'est bizarre de se dire ça quand on l'est vraiment. Et pourtant, je respire encore .. C'est ce que je tente de me dire pour pouvoir m'en sortir. Malgré ça, je refuse catégoriquement mon mode de vie .. Je ne vis pas, je survis ..

Viens alors le seul moment qui me permettes de savoir a peu près qu'une journée soit passée .. Le moment de ma «sortie». Je ne considère pas ça comme un moment très amusant en ce moment. Je l'ai même éviter pendant une semaine je crois, prétextant ne pas en avoir envie. Évidemment, les infirmiers s'en fichent et n'insistent pas. Ça leur fait du boulot en moins. Mais là, j'ai envie. J'ai envie de me dégourdir les jambes, de sentir une autre odeur que celle de ma chambre alors, j'accepte. On passe des menottes à mes poignets pour m'enlever l'idée de m'enfuir, mais de toute façon, ça ne me tente même pas. Je sors de ma chambre et je me laisse simplement guider par mes pas. C'est calme .. Ça doit être la nuit cette fois. Même si, peut-être que c'est la journée, sinon ça serait plus vivant, non ? Avec les vampires qui ne sortent que la nuit .. Je n'en sais rien et je n'ai même pas envie de demander.

Mes pas me guident dans une partie plus loin que là où je vais d'habitude. Je ne pense pas être venue ici, sauf peut-être lors de l'une de mes courses folles dans les dédales de couloir de l'hôpital. Je marche déjà lentement, mais je marche encore plus lentement lorsque j'entends une voix. Une voix grave, mais douce à la fois. Je demande à l'infirmier si je peux aller voir toute seule et il me répond seulement que si je fais une bêtise, je le regretterais, avant de s'éloigner un peu. Ouais c'est ça, toujours la même rengaine désagréable.

Je m'avance encore un peu, tendant l'oreille pour pouvoir entendre un peu mieux la voix si mélodieuse. Je reconnais la chanson pour l'avoir souvent entendue dans les dernières années. C'était l'une de mes chansons préférées .. Et elle se prête très bien à ma situation actuelle. Chanter par cet inconnu .. Ça me procure encore plus de frissons qu'à l'habitude. Je passe discrètement ma tête près du cadre de la porte et je peux enfin voir l'homme qui chante. En temps normal, je n'aurais sans aucun doute jamais osé l'approcher. Sa physionomie est plus qu'impressionnante. Il doit faire au moins trois fois mon gabarit. Pourtant, il n'a pas l'air méchant, c'est même tout le contraire. Je n'aurais sans doute pas eu cette perception à simplement le croiser dans un couloir, mais là .. J'ai presque envie d'aller près de lui et de lui faire un câlin.

Sa performance m'arrache une larme. Du sang roule contre ma joue et je m'empresse de l'essuyer, faisant cliqueter les menottes à mes poignets. De toute façon, je pense qu'il m'avait déjà remarqué, parce que la voix s'était arrêtée à peine quelques secondes auparavant. Étrangement, c'est lui qui semble avoir peur de moi puisqu'il semble vouloir se cacher. Je fais un pas en avant, entrant dans la pièce en secouant négativement la tête, un petit sourire sur les lèvres.

- C'est moi qui m'excuse de vous avoir espionnez .. Mais vous avez vraiment une très belle voix, je ne pouvais qu'être interpellez ..

Il n'a vraiment pas l'attitude que je m'attendais à ce qu'il ait en voyant son physique. On dirait un petit garçon dans le corps d'un grand homme. Innocent et gentil .. Ce que j'ai rarement vu dans cet hôpital depuis mon arrivée.. Ça fait du bien, c'est rassurant. Je ne me sens même pas en danger avec lui.

- Est-ce que vous voudriez bien me chanter une autre chanson .. ? J'aimerais beaucoup vous entendre encore une fois ..

Je lui adresse un petit sourire pour lui montrer que je suis réellement et sérieusement intéressée à l'entendre à nouveau. Sa voix m'a ému, je ne saurais dire à quelle point, mais .. ça m'a apaisé. Je me sens étrangement mieux. Mieux que je ne l'ai été depuis très très longtemps .. J'espère simplement qu'il ne sera pas effrayé à cause de menottes à mes poignets .. Je sais que certains des autres patients m'évitent à cause de ça..
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Lun 26 Sep - 20:57
Le regard bleuté du colosse se porta vers la porte et le reste de ses pathétiques paroles furent oubliées. Dans la douce caresse des rayons lunaires se profilait un être à la beauté absolue. Une apparence divine comme les artistes des temps passés aurait tué père et mère pour avoir la chance de porter le regard sur cette muse inspirante. La plupart des hommes aurait savouré les sublimes courbes de la jeune femme comme des requins regardant une pièce de choix. Ils auraient ricané entre eux de manière grivoise en pointant les lèvres pleines et douces, les traits angéliques finement ciselés dans le marbre de ce visage époustouflant. La chevelure ressemblant à une veine de cuivre chatoyant dans la lumière des astres nocturnes. La créature de cauchemar ne pouvait que décrire les yeux de l’apparition comme deux saphirs bleutés d’une telle luminosité qu’ils pouvaient ensorceler n’importe quelle âme. Mais avant que le géant ait pu faire son mouvement de recul d’une telle lâcheté, ce fut son empathie des plus aiguisés qui résonna dans son crâne déformé. Robert ressentait une sorte d’aura émané de l’être céleste, une vague de gentillesse et de bonté qu’il n’avait connue qu’avec deux personnes dans sa vie. Alyana et Sandra.

Le mastodonte n’esquiva pas un geste, ne tenta même pas de faire une respiration durant l’agonie de la terrible attente dans sa cachette. Le géant déformé savait pertinemment ce qui allait se produire dans les prochaines secondes. La jeune dame accoudée sur le montant de la porte de la chambre allait changer d’attitude. Son visage, d’une délicatesse magnifique, portera les stigmates de la terreur en détaillant l’apparence horrible de la bête de cirque. Le regard doux et angélique de la brunette deviendrait tout à tout rempli d’une dose de dégoût. Après avoir réussi à dire une première phrase des plus boiteuses, le regard bleuté de Bobby plongea vers le sol. L'homme était honteux de la parodie d'humanité qu’il était. Avant que les mots suivants puisent franchir le barrage des ses dents mal alignées, un bruit se fit entendre. Le craquement du plancher signala au colosse désillusionné que l’ange tombé du paradis venait certainement de faire un pas précipité vers la sécurité relative du corridor. Bientôt le bruit sec et sans équivoque de la porte qui se referme brutalement fendra l'air. Bruit qui va sonner le glas du début d’une autre relation plus d’incertain. Le sifflement sera semblable à celui de la hache du bourreau qui se ficherait dans la bûche après avoir accompli son sanglant office. Un supplice pour le phénomène de foire. Quelques mots jaillissants de peine et de misère d’une gorge serrée par ce déluge d’émotions alimenté par ces visions néfastes. Pathétique défense contre l'inévitable conséquence de la laideur de l'homme. Bobby s’excusa d’avoir dérangé la douce dame.

Un souffle poussé avec lenteur de la part de la magnifique dame fit naître un petit sourire sur le faciès monstrueux du géant déformé.

Ange- C'est moi qui m'excuse de vous avoir espionné… Mais vous avez vraiment une très belle voix, je ne pouvais qu'être interpellée…

La créature fut submergée par le doute. L’ange, venu certainement du paradis, fit deux pas hésitants vers la cachette grossière du monstre de foire. Cet acte insensé tenter par l’être dont l’aura chatoyant semblant souffler que de bonté et de gentillesse. En réponse de ce mouvement, la crainte fit faire un pas vers l’arrière à l'être monstrueux pour s’enfoncer dans l’obscurité bienfaitrice.

Ange- Est-ce que vous voudriez bien me chanter une autre chanson .. ? J'aimerais beaucoup vous entendre encore une fois …

Alors, un souvenir vint percuter l’esprit si lent du goliath des temps modernes. Le visage radieux de sa nièce quand le mastodonte pliait à sa demande et entamait un chant juste pour ses oreilles. Les doux encouragements de la part de son ange qui martelait que la voix du monstre de foire devait être connue de tous. Que c’était merveilleux d’entendre une voix si belle! Et aussitôt le mineur réfutait ces faits. Il disait qu’un être si laid et si inférieur à la société n’aurait pas un don si rare et précieux à la fois. Les yeux figés dans cette scène d’un passé si proche et si éloigné à la fois, l’imposant homme du Kentucky recula d’un nouveau pas. Cette fois le mur froid en béton de son petit refuge lui coupa toute voie de retraite. La gêne et la timidité aidant, les immenses mains de l’homme se mirent à plat sur la surface poreuse et froide. Un peu plus et Robert aurait essayé de creuser un trou dans la matière pour se retrouver à l’extérieur.

Ne voyant aucune façon d’esquiver l’ange qui avait préféré ce monde infernal à son paradis doré, le golem de chair essaya tant bien que mal de relever son regard apeuré.

Se retournant lentement, les pieds bien ancrés sur le parquet ciré, le spectacle pitoyable de la laideur du colosse se dévoilèrent à l’ange. Un rayon de la lune venait d’inonder de manière traîtresse la silhouette de cauchemar de l’homme. Des pantalons noirs à bretelle, une chemise ayant connu des jours meilleurs et les manches roulés au niveau de ses coudes. La belle dame pouvait deviner aisément une puissante et solide ossature, des muscles volumineux et même disproportionnés cachés à grand-peine dans l’armure de tissus. Des mains géantes et grosses comme des boulets de canon. Une d’entre elles resta à plat sur le mur, telle une immense araignée de couleur chaire. L’autre main, ayant des doigts de la circonférence de saucisses, était levée dans un signe universel de peur ou bien de supplication. Les pieds, extraordinairement pointés vers l'extérieur et des plus stables, se dandinaient sous l’effet de la gêne et surtout de l’angoisse de ce moment stressant. La cage thoracique bien développée et un cou aussi large que son crâne. Des trapèzes laissant présager une force conséquente dans le haut de ce corps impressionnant. Robert devait dépasser la totalité des hommes d’une bonne trentaine de centimètres et devait peser presque le double. Devant le regard si pur de l’ange, le géant devait être plus associé au monstre des films d’horreur qu’au genre humain. Ce mastodonte peut sembler être sorti droit des rêves fous d'un savant ayant perdu le contact avec la réalité. Une tête en forme d'œuf, une dentition irrégulière, une mâchoire carrée et virile, des lèvres minces et presque exsangues, une fossette entre ses deux sourcils, des oreilles décollées, une barbe et des cheveux châtains rasés d'une main malhabile et des orbites enfoncées. Tout pour qualifier ce visage aux traits atypiques de faciès monstrueux et repoussant. De son angle de vu, l’apparition céleste pouvait dénombrer la multitude de cicatrices qui lézardaient sur les mains et les avant-bras de la chose difforme en face de lui.

Tel un duel à la Tombstone, le regard des belligérants se fracassa dans onde de choc. Robert ne pouvait aucunement deviner les intentions de la jeune femme, mais celle-ci pouvait lire comme un livre ouvert l’amalgame d’émotions qui soufflait du regard bleuté de la chose. Il pouvait plonger au travers des yeux de Bobby et contempler ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme de cet imposant individu. Un mélange saisissant de mélancolie, d’angoisse, de prudence se reflétait dans les iris de l’homme déformé. Mais aux fins fonds des yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, doux et rempli de compassion. Un mystérieux mélange d’humanité grandiose et de bienveillance des plus déplacés dans ce corps d’être digne de figurer dans le bas échelon de la société humaine. Robert prit une seconde respiration, son ton rauque s’éleva alors dans l’air froid de ce jour d’hiver. Les mots furent mâchés, mastiqués même avec des roulements de pierres dans la bouche. Un ton intimidant si une trace de gentillesse et de bonté n’accompagnait pas la pitoyable envolée de mots.

Robert- Euh… N’approchez pas madame…Euh… Je ne veux pas vous faire peur.

Déglutinant avec peine, les traits atypiques de l’homme étaient maintenant un masque d’angoisse et de peur. Il ressentait de la terreur si la jeune femme à l’aura si flamboyante pouvait être corrompue dans celle du monstre de foire. Un regard sur les menottes qui entravaient les poignets graciles de la jeune femme si douter un instant le monstre de foire.

Robert- J’ai entendu des gens dans l’hôpital et toute ma vie me traiter de monstre… Euh… J’en suis pas un, j’espère…

Reprenant un souffle un peu normal, Bobby rajouta timidement. Il essaya de rejeter quelque peu sa gêne et sa timidité au loin, mais après tant d’années à endurer des sévices des gens, le géant avait accepté sa condition particulière.

Robert- Je chante depuis toujours… Euh… Pour ma sœur partie, pour ma nièce et Rocky le chien de la mine… Euh… Aussi Alyana l’infirmière pour la faire sourire… Euh… Je chante toujours seul pour ne pas déranger… Euh… Désolé que vous ne puissiez pas dormir… Moi non plus je ne dors plus vraiment…

Le survivant avait connu le châtiment divin,  des mois d’errance solitaire près des rives du Styx. Mais à la mention de sa famille arrachée trop tôt à son cœur meurtrie, les larmes firent un assaut vicieux pour essayer de couler le long de son visage à peine taillé dans le granite de son visage. Reprenant une grande respiration, il indiqua alors une chaise toute simple près de la porte. Invitant la jeune femme à s’assoir. Et c’est alors que son sixième sens divin titilla. Devant toute la grandeur, l’humanité de l’âme de l’ange à la chevelure de bronze, une zone de ténèbres essayait de corrompre la flamme de l’espoir. Les yeux océaniques si doux de l’homme se firent inquisiteurs et sa voix rocailleuse parla doucement.

Robert- D’accord je pourrais chanter pour vous toute la nuit… Euh… Votre âme est si belle et lumineuse… Euh… La noirceur ne pourra jamais réussir à gagner aussi longtemps que vous êtes gentille… Les gens pensent que vous pouvezfaire du mal à cause des trucs aux poinets... Euh... Vous êtes douce... Euh... Je peux vous les enlever si vous voulez? Euh… Moi c’est Robert, Bobby ou le monstre… Euh…

Alors, la voix se transforma de nouveau. Une telle douceur, une perfection divine caressèrent l’ouïe de la jeune femme comme le vent souffle entre les feuilles d’un arbre majestueux. Toute la peine, la tristesse et l’amertume furent anéanties devant la bienveillance du géant monstrueux. L’âme divine qui rayonnait comme mille soleils. Une aura de bien-être de tendresse et d’affection s’était allumée autour de la bête pour baigner de cette lumière l’âme tourmentée de l’ange noir.
Chant:
 
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Sam 22 Oct - 20:47
Je m'étais avancée lentement, très lentement jusqu'à la porte dans l'espoir d'entrevoir qui pouvait chanter aussi bien. Je pouvais sentir des frissons me parcourir l'échine. Je me sens transporter et envahit par cette mélodie envoutante que j'ai toujours adoré, mais cette fois il y a une dimension de plus. Lorsque j'arrive finalement dans le cadre de la porte, mon regard se pose sur un homme à la carrure impressionnante. Il doit bien faire une tête ou deux de plus que moi et c'est assez intimidant, même si sa performance me montre une facette plus que gentille de lui. J'essuie ma larme sur ma joue, mais le cliquetis de mes menottes semblent faire réaliser ma présence à l'homme. Je m'avance lentement, un peu hésitante, mais voulant également le rassurer à propos de mes intentions. Il s'excuse avant moi de m'avoir dérangé en chantant, mais .. franchement, il m'a tout sauf dérangé. Je le regarde avec un petit sourire, n'était pas réellement apeurée par lui, même s'il est imposant.

J'ai tellement aimé sa performance que je lui demande de me chanter une nouvelle chanson, voulant encore une fois me laisser porter par sa voix grave et rassurante. Mais l'homme ne semblait pas aussi rassuré que moi par rapport à ça. Il semblait même effrayé par moi, car il reculait vers le mur .. Je tentais un petit pas vers lui, mais je me dis finalement que ce n'était peut-être pas le meilleur moyen d'avoir sa confiance. Un faisceau de lune se pose sur l'homme et je peux finalement voir autre chose que sa silhouette imposante. Mon regard le parcourt rapidement, mais je ne m'attarde surtout qu'à une seule chose : son regard. Je peux y voir toutes les émotions, la tristesse, la peur .. Je ne peux pas le juger et je n'en ai pas envie non plus. Il m'a permis l'espace de quelques instants de pouvoir me sentir bien et rassérénée.

Lorsque la voix de l'homme me parvient, c'est d'une façon encore plus grave que lorsqu'il chantait, mais avec moins de confiance, plus .. d'hésitations, de maladresse. Il me dit qu'il ne veut pas que j'aille peur et je secoue lentement la tête de droite à gauche. Il ajoute également que beaucoup de gens l'ont déjà traité de monstre dans sa vie et je sens mon coeur se serrer dans ma poitrine. Je n'ai jamais très bien supporté la méchanceté, même si je suis devenue vraiment plus méchante avec ma transformation .. Comme si la noirceur de ma nouvelle vie avait envahie mon âme. Mais ce n'était qu'une façade que je me donnais, j'étais toujours la même femme au fond.

- Je n'ai pas peur de vous .. Et vous n'êtes pas un monstre ..

Il semble finalement s'ouvrir un peu plus à moi, il me fait une confession : il chante depuis longtemps pour quelqu'un, pour plusieurs personnes en fait et son explication pour l'infirmière me fait sourire tendrement. Il n'est vraiment pas mauvais, c'est même tout le contraire. Il veut simplement faire plaisir aux gens.

- Je suis certaine qu'ils aiment et aimaient beaucoup vous entendre chanter .. Je pense que plusieurs personnes ici aimeraient beaucoup vous entendre également, vous avez une voix rassurante et chaleureuse ..

Je lui adresse un léger sourire et il m'indique une chaise sur laquelle je m'installe pour pouvoir mieux me laisser entraîner par son chant. Je suis rassuré par le fait qu'il pense que je suis une bonne personne avec une bonne âme, même si comme je le pensais plus tôt .. Je ne suis pas aussi pure qu'il ne le pense.

- C'est vraiment gentil de votre part .. Mais je ne suis pas aussi gentille que vous le croyez .. merci, j'aimerais beaucoup m'en séparer, mais .. Je ne veux pas avoir de problème par la suite si les infirmiers voient que je les ai enlever .. alors je vais les garder ..  Enchanté Bobby, moi c'est Artemis, je suis vraiment très heureuse de te rencontrer.

Mon sourire ne quitte pas mes lèvres alors que je ramène mes jambes sous mes cuisses pour pouvoir m'asseoir comme une petite indienne sur la chaise. Son chant monte alors de sa gorge et je ferme les yeux pour me laisser porter. Cette chanson-là aussi je la connais et je l'affectionne beaucoup. Je bouge lentement la tête en rythme avec sa mélodie, même sans musique la chanson reste magnifique. Les minutes passent, sa voix me porte .. J'ouvre les yeux lentement à nouveau lorsqu'il termine de chanter. Je viens l'applaudir en souriant un peu plus grandement.

- Wow, c'est vraiment magnifique ! Je pense vraiment que tu devrais chanter pour les autres patients .. Ça leur ferait sans doute beaucoup de bien.

Je me calme par la suite un petit peu pour ne pas le brusquer trop non plus. Je réalise alors que je ne sais même pas s'il est lui-même un patient ici ou si il est un visiteur. Je préfère lui demander pour pouvoir savoir comment m'en tenir avec lui.

- Tu es en visite ici ?
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Mar 1 Nov - 22:43
Le colosse ayant tellement souffert fut subjugué par le sourire simple, mais au combien précieux et merveilleux, de la jeune femme. Les yeux de la chose immonde se firent inquisiteurs. Pendant le second tour de chant, le regard océanique si pur plongea dans ceux comparables à du bronze en fusion de la patiente. On dit avec raison que les yeux sont le miroir de l’âme et ce que vit l’ange déchu lui démontra la splendeur et la noirceur de la dénommée Artémis. Une lutte éternelle entre la pureté du bien et la corruption du mal. L’ancien guerrier Romulus enfoui dans les tréfonds de l’armure de chaire rapiécée aurait arraché le cœur impur de la femme, détruit son âme et brûlé le corps pestilentiel pour purifier les lieux de la présence honnie. Mais maintenant Robert le simplet, l’humain et le martyr appréciait chaque parcelle de vie qu’il avait devant lui. Il savait qu’il existait des zones grises, que tout n’était pas noir ou blanc. Il l’avait appris grâce à son grand amour, son étoile du berger.

Quand le chant prit fin, l’enveloppe charnelle répugnante du géant était bien présente. Il entendit la question, mon son esprit lent et simplet était à des milliers de lieus de là. Sa conscience avait atteint une autre sphère d’existence, un passé longtemps révolu. Les yeux de la bête revoyaient des scènes où la terre, les anges et les démons ne pouvaient pas lui arracher. Même Dieu ne pourrait pas et le Diable encore moins. Des scènes douloureuses et douces. Des moments d’amour et de tendresses. Des instants où la douleur l’avait terrassé et que Bobby aurait tout donné pour se sacrifier, endurer le châtiment divin. Mais maintenant, à cet instant précis, l’Erreur de la nature, l’anomalie céleste, était seule. Un peu comme Atlas qui portaient la terre sur ses larges épaules, l’ancien mineur portait quant à lui les souffrances et le désespoir du genre humain. Tout pour soulager autrui, pour leur faire entrevoir une dose minime de la magnificence de l’humanité que Rosalie lui avait permis de contempler. Robert savait que sa nièce, sa fille en réalité, se mourait dans une chambre d’hôpital. Que la Mort allait essayer de chercher son tribut. Mais la Faucheuse allait rencontrer l’ange déchu sur son chemin poisseux de sang et de la blancheur spectrale des os. Robert allait laisser le pouvoir divin, celui de la vengeance et de rage céleste qui le guidait autrefois, le prendre pour la dernière fois. De faire surgir ses ailes d’ombres au plumage arraché par la chute et d’affronter la mort. De se sacrifier pour permettre à une âme innocente de survivre, de vivre et de propager sa pureté pour permettre de faire gronder la flamme de l’espérance. D’être un phare de candeur et de bienveillance dans ce monde, de repousser les ténèbres corruptrices gagnait du terrain chaque jour.

Une toux discrète fut comme une bouée pour l’esprit naufragé du colosse scarifié. Un mince sourire, à la fois niais et désolé, se déposa sur les lèvres exsangues. L’horrible faciès se décomposa pour former une sorte de masque de surprise et de tendresse. Les yeux de l’homme difforme étaient devenus des océans composer de sollicitude et d'une paix presque surnaturelle. L’immense index de Bobby vint se frapper son front dégarni dans une piètre tentative de faire rire la jeune femme.

Robert- Euh… Désolé… J’étais perdue dans ça… Euh… Et c’est pas mal vide, tu sais. Tu t’appelles Artémis c’est ça… Euh… C’est un prénom superbe et qui te va bien… Euh… Tu sais que c’est céleste l’origine?

Le géant osa avancer d’un pas dans la direction de la vampire. Hésitant, incertain, mais mouvement dans la bonne direction.

Robert- C’est les Grecs qui l’ont vu la première fois… Euh… Ils ont dit par la suite que c’était la fille d’un des dieux de leur panthéon… Euh… Mais ils avaient raison, tu sais. C’est bien la fille de Dieu… Euh… Elle leur apprit à chasser et apprécier la nature… Euh… De regarder le ciel étoilé et de contempler la lune… Euh… Je suis persuadé qu’elle est heureuse que tu portes son prénom.

L’être divin d’autrefois celle qui avait bien connu un des lieutenants de Saint-Michel. Ils avaient servi ensemble dans la milice du Paradis. La jeune femme ressemblait étrangement à la chasseuse céleste. Laissant de côté cette impression de déjà vu, Robert se concentra de nouveau sur les mouvements et la respiration de la jeune femme. Il se rendit compte qu’elle n’avait pas un souffle de vie, qu’elle était tout simplement vide de toute vitalité. Mais l’être de cauchemar n’avait aucune peur ni crainte. Il avait vu la luminosité de l’âme enfouie d’Artémis. Habituellement les vampires étaient des êtres vils et égoïstes. Une nouvelle zone grise dans le grand livre de la vie. Une chaise trônait tout près de la beauté au cœur mort. Désignant la chaise, le colosse demanda d’une voix rocailleuse, mais dénuée de méchanceté.

Robert- Je peux m’assoir?

Ayant un hochement de tête approbateur, le géant aux muscles disproportionnés s’assit alors lentement. Consciencieusement. Comme si la peur restreignant son mouvement. Le doute que la simple chaise de bois supporte son poids effarant. Quand le fessier robuste eut fini de toucher le bois passé par des années d’usure, le golem de chair expira doucement. Il était maintenant assis face à la beauté sublime. Il répondit alors avec honnêteté et douceur à la question d’Artémis.

Robert- Ma nièce Sandra est très malade… Euh… Truc étrange que je ne comprends pas… Euh… À ce jour j’ai pu faire peur à la mort, mais elle est très forte, tu sais… Euh… Si elle part, je serais tout seul au monde… Euh… Personne ne veut d’un monstre comme moi… Euh... Artémis toi tu es ici pourquoi ? Tu as une part de noirceur en toi, mais la lumière la combat avec force, tu sais… Euh… Tu es une fille de Caïn?

Voyant l’incompréhension de l’ange déchu, Robert parla alors douceur. Son ton changea, comme lors qu’il chantait. Les yeux océaniques brillèrent avec compassion et sollicitude. Un appel muet aux origines célestes de l’homme difforme. Aucune hésitation, aucun doute ne furent prononcés durant les paroles saintes.

Robert- Mais Caïn adressa la parole à son frère Abel et, comme ils étaient dans les champs, Caïn se dressa contre son frère Abel, et le tua. Le Seigneur dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ? Et Dieu dit : Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi. Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu travailleras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre. Caïn dit au Seigneur : Mon châtiment est trop grand pour être supporté. Voici, tu me chasses aujourd'hui de cette terre ; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. Le Seigneur lui dit : Si quelqu'un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois. Et le Seigneur mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouve ne le tue pas. Puis Caïn s'éloigna de la face du Seigneur, et il habita dans la terre de Nod, à l'orient d'Éden.

La lueur passagère, hypnotique et rassurante du regard de la bête immonde s’éteignit alors.

Robert- Ce fut le premier vampire à avoir mis le pied sur terre… Euh… Je vois que tu es sa fille, que son sang coule maintenant dans tes veines… Euh… Malédiction de Dieu… Euh… Mais je ne pourrais jamais te faire mal… Euh… Tu as raison… Euh… Je ne peux faire de mal… Euh… Et j’ai raison, tu as une merveilleuse âme. Je peux la toucher, je t’en prie?

Un nouveau hochement de tête. La main immense et rugueuse de l’être déchu se déposa sur la joue de porcelaine de la vampire. Le geste du géant avait la légèreté du papillon se posant sur une fleur magnifique. Les vagues déferlantes de la bienveillance, de la candeur et de la pureté de l’âme de l’ange déchu submergèrent la jeune femme. Un apaisement, une paix s’abattirent sur les peurs et les doutes de la jeune femme. Sa rage fut emportée par l’amour divin, permettant à l’humanité de grandir encore et toujours. Une aura de sincérité et de confiance venait de tomber des cieux pour recouvrir les deux êtres si différents, mais à la volonté si semblable de connaître un instant de grâce. Un immense sourire de l’homme difforme, remplit de joie et de quiétude, frôla les lèvres du mineur. Il commença à vouloir enlever sa main indigne de toucher tant de beauté.

Robert- Euh… Tu pourrais me parler de toi… Euh… De se connaître maintenant que tu sais que j’étais avant… Euh… Personne ne le sait à part toi…
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Jeu 1 Déc - 20:15
J'avais toujours été une personne douce et gentille, qui faisait passer les autres avant moi-même. Je pense qu'au final, ce que j'avais le plus peur c'était de perdre cette personne que j'étais auparavant. Et pourtant, le simple fait de me retrouver face à quelqu'un qui croyait en moi, qui n'avait pas peur de ce que j'étais .. Ça me rassurait et me réconfortait. Ça me permettait de laisser tomber mon masque. Je ne savais toujours pas pourquoi je m'en étais donné un. Pourtant, ça aurait pu être un bon moyen justement de faire réaliser aux gens que le fait d'être une vampire ne faisait pas nécessairement de moi une mauvaise personne .. Mais je pense que je voulais simplement laisser voir la douleur terrible qui m'habitait à l'intérieur. C'était un moyen comme un autre de me protéger de mes peurs, même si ça me faisait devenir l'une d'entre elles.

Je dis à l'homme que sa voix a quelque chose de magique, sans toutefois employer ses termes, mais je lui dis également que je suis convaincue que sa voix pourrait aider les autres patients de cet hôpital, comme elle m'aide moi en ce moment. Il chante alors une nouvelle fois et je me sens comme .. soulagée d'un poids qui m'aurait encombré depuis des mois, sans doute le poids de ma nouvelle identité. Je me sens plus légère, plus libre de moi-même ..Je ne saurais expliquer comment il parvient à créer un tel effet chez moi, mais ça me fait vraiment le plus grand bien. Un sourire doux vient même se dessiner contre mes lèvres et je me sens complètement apaisé. Wow .. Ça me fait tellement de bien, sa voix. Il n'a pas du tout la voix de son physique, ce qui est assez étonnant, mais je pense que ça fait parti des choses qui font du bien. Le fait de voir qu'autant de dureté physique puisse contenir autant de douceur morale.

Je m'adresse à lui, quelques instants après sa chanson, et il semble un peu dans la lune. Peut-être que le fait de chanter le met en phase lui aussi. Je le comprendrais, il a une si jolie voix ! Je ris légèrement lorsqu'il sort de sa torpeur et vient taper son front avec son index, m'expliquant qu'il était perdu dans ses pensées. Je hoche la tête à ses mots sur mon prénom, heureuse de rencontrer quelqu'un qui semble réellement connaître l'origine de celui-ci.

- Ce n'est pas grave, c'est des choses qui arrivent. Ça m'arrive souvent à moi aussi de me perdre dans mes pensées .. Merci et oui, je sais, j'en suis très fière !

Parce que mon prénom est assez rare, du moins, je n'ai jamais croisé quelqu'un portant le même que moi. Il m'explique alors l'origine de mon prénom et même si je la connais déjà assez bien, ça me fait plaisir de l'entendre par sa bouche. Il parle presque comme s'il la connaissait et je trouve ça adorable dans un sens. Mes joues rosissent légèrement en entendant sa dernière phrase et je viens me mordre ma lèvre inférieure. J'aimerais beaucoup réellement que la déesse soit aussi heureuse que je porte son nom que moi j'en suis fière ..

- Merci beaucoup Bobby .. Ça me touche énormément ..

Il me demande par la suite s'il peut s'asseoir sur la chaise que je n'avais même pas encore remarqué et qui est tout juste à côté de moi. Je me décale un peu, juste sous la surprise de la voir là et je hoche la tête.

- Bien entendu, je ne sais même pas à qui est cette chambre alors .. fais comme chez toi, comme on dit !

Je ponctue ma phrase d'un petit sourire et je le regarde s'installer. Je viens alors m'installer face à lui, m'appuyant sur une des genre de commode. Je ne comprends pas à quoi sert cette chambre, mais je l'aime bien. Ça pourrait devenir un genre d'havre de paix pour moi plus tard. Bobby se lance alors dans sa réponse à la question que je lui ai posée plus tôt et je l'écoute en silence, me sentant triste pour lui.

- Oh .. Je suis certaine que Sandra va continuer à se battre, surtout si elle a ta force à ses côtés ! Il ne faut pas baisser les bras ! Et .. moi je serais là si tu veux, je ne te laisserais pas tomber.

Après tout, même si je ne le connais que depuis quelques minutes, il a su m'apaiser de plusieurs de mes maux, de mes doutes et de mes craintes alors je souhaite lui rendre éventuellement la pareille. Ça serait la moindre des choses et en plus, Bobby semble être un être tout à fait adorable et empli de bonne foi. Je hausse légèrement les épaules à sa question à propos de moi, car si je connais l'origine de mon prénom, ce Caïn ne me dit absolument rien.

- Je suis ici parce que .. j'ai changé .. on m'a changé .. Si tu peux voir la noirceur en moi, tu dois sans doute savoir ce que je suis ... Je ne sais pas.. j'ignore qui est ce Caïn ..

Je n'ai presque pas le temps de finir ma phrase qu'il a commencé à me raconter l'histoire du fameux Caïn. Abel et Caïn .. leurs noms me rappellent quelque chose sans que je ne parviennes à mettre de nom dessus. Mais lorsqu'il prononce le mot Seigneur, je comprends finalement d'où me vient cette vision de déjà vu. Ils sont liés à Dieu et c'est comme ça que j'avais entendu parler d'eux. Ça m'avait été raconté il y a si longtemps .. Et pourtant l'histoire que me racontait Bobby était émouvante et triste. C'était toutefois étrange que son rythme de parole ne fut jamais dérangé pendant qu'il raconta cette histoire .. Il avait beaucoup hésité auparavant et cette fois .. tout était fluide. L'histoire terminée, il reprit ce qui semblait être ses propres esprits et il recommença à parler plus lentement et avec hésitation .. Qu'est-ce qui s'était passé pendant ces quelques instants ? Je me ressaisis tout de même lorsqu'il m'explique de façon plus simplifié mon lien avec le fameux Caïn.

- Oh, je vois .. je .. euh .. oui, si tu veux ..

À vrai dire, je ne comprends plus trop ce qui est entrain de se passer. Je dis oui, sans vraiment savoir à quoi est-ce que je dis oui. Toucher mon âme, le premier vampire, Caïn .. je pensais que je ne savais rien de ce monde, mais c'est encore pire maintenant. Il se lève et s'avance vers moi, venant poser sa main contre ma joue. J'ai un léger mouvement de recul, mais pas assez pour vraiment me reculer. Je ferme finalement les yeux au contact de sa main et le sentiment que j'avais ressenti plus tôt en l'entendant chanter semble décupler. C'est comme si toute ma haine, toute ma tristesse .. comme si tout s'envolait. Je rouvre les yeux en le sentant retirer sa main, sentant un peu de chaleur me quitter, même si je n'ose pas en demander davantage. Il a déjà fait beaucoup ... et je me sens complètement troublée et perdue. Je viens alors passer ma main dans mes cheveux pour tenter de reprendre un peu contenance, malgré la joie qui m'habite présentement. Ça fait des mois que je ne me suis pas sentie aussi bien et en forme.

- Je euh .. Je ne suis pas certaine de tout comprendre .. Je suis nouvelle dans cet .. cet univers, tu sais .. Tu ... tu es une sorte .. d'ange ?

Le mot m'échappe, mais de toute façon, je ne sais pas si j'y crois, même si ce qu'il m'a fait me semble être surnaturelle voire céleste. Je veux comprendre, mais en même temps .. Ça me trouble. Je veux en savoir plus alors, je vais mettre mes doutes et mes craintes de côté. De toute façon, il ne peut surement pas avoir pire que vampire .. Du moins, je l'espère.

- Je .. J'avais 21 ans avant d'arriver ici .. Ma .. ma transformation est arrivée parce que je suis .. comme qui dirait tomber amoureuse du mauvais garçon ..

Le simple fait d'évoquer Éliaz me brise le coeur de nouveau. Pourtant .. pourtant je sais que je ne l'ai pas perdu. C'est plutôt lui qui m'a perdu, du moins pour un moment ..
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Jeu 8 Déc - 13:58
L’ange déchu écouta avec attention et sincérité la jeune vampire s’exprimer. L’empathique créature comprenait parfaitement les doutes et les interrogations d’Artémis. Quand la magnifique jeune femme évoqua le responsable de sa transformation involontaire, le golem de chair comprit soudainement la triste vérité. Le regard océanique de l’homme difforme devint alors éclatant, baigné par une lueur qu’on pouvait nommer tour à tour affection, sollicitude, tendresse et humanité. Il avança alors sa main immense et couverte de cicatrice pour prendre celle gracile et racée de la patiente vampirique. Il déploya toute son empathie, son énergie divine et surtout sa volonté d’airain pour exorciser la tristesse qui venait d’alourdir l’âme merveilleuse de sa vis-à-vis. Toute la peine, le chagrin, les regrets et la fatalité d’Artémis furent absorbés par le toucher de l’ange déchu. Aussitôt le cœur immense et rempli de candeur de l’ancien mineur s’alourdit. Des scènes entrecoupées du Jugement divin, de l’annihilation de sa bien-aimée mortelle, de son statut de parias céleste et de la déchéance de la maladie de Sandra remplirent l’esprit lent et pathétique du martyr. Laissant la douce main de la jeune femme, Robert se prit la tête entre ses paluches rugueuses et immenses. Il venait de solliciter trop son don unique et il encaissa un contrecoup horrible. Ses yeux s’agrandirent alors devant les années de combat contre les infernalistes, les mises à mort supposément miséricordieuses, la violence pour une guerre éternelle où il n’y aurait jamais de vainqueurs ni de vaincus. Un long frisson glacé descendit l’échine du monstre de foire. Un tremblement incontrôlable vint alors secouer chaque muscle disproportionné. Quelques mots en latin s’échappèrent des lèvres de l’ange déchu. Rédemption, mort et martyr furent les plus répétés. Après quelques longues secondes de pure terreur, le colosse balafré réussit de peine et de misère à se ressaisir. Relevant des yeux humides vers la jeune vampire, il s’excusa avec sa voix rauque et profonde. Si semblable à deux pierres qui s’entrechoquaient.

Robert- Désolé Artémis… Euh… Essayer d’aider trop peut être douloureux… Euh… Mais tu en vaux la peine, tu sais… Euh… Tu es comme un soleil… Euh… Tu ne dois pas rester à l’ombre de tes peurs… Euh… Sourire et illuminer la vie des autres.

Se rendant compte alors du charabia incompréhensible qu’il devait débiter comme le dernier des abrutis, le mineur eut un petit sourire niais. Mais au travers de cette expression que les gens normaux considéraient comme simplette, la beauté intérieure de la chose se dévoila enfin. Grandement et magnifiquement. Soupirant doucement, le golem de chair aurait tout donné pour pouvoir reprendre la main de celle qu’il avait perdu.

Robert- Autrefois j’étais un ange… Euh… Tu as raison. Je n’ai pas toujours été un martyr… Euh… J’étais un guerrier céleste, un ange de la rédemption… Euh… Pour ça que je connais Artémis… Euh… Mais c’est du passé… Euh… Je ne voulais plus me battre, tuer des gens qui étaient censés être le mal.

Bobby eut un petit frisson. Replonger à son corps défendant de cette époque de son existence était des plus pénible.

Robert- Nous devions chasser ce que le mal rongeait… Euh… Vampire et garous aussi…. Euh… Mais j’ai vu que les autres pouvaient avoir de la bonté et de la gentillesse malgré le carcan de leurs stéréotypes… Euh… Comme toi tu as la rage du sang et de la bête… Euh… Mais l’humanité en toi la combat et la place en cage… Euh… Je l’ai senti et je sais que tu vas vaincre tes angoisses… Euh… Tu es forte, tu sais?

La bête immonde plongea son regard dans les iris de la vampire, permettant à celle-ci de lire toute la sincérité et la candeur surnaturelle qui habitait le réceptacle de cauchemar.

Robert- J’ai demandé à Dieu de devenir un être de guérison et de pardon… Euh… L’anthèse de ce que j’étais… Euh… Il m’a permis de devenir un martyr… Euh… Mais je ne suis qu’un déchu maintenant.

Une larme, véritable diamant salé, dégringola de son œil pour glisser sur sa joue mal rasée.

Robert- Maintenant Dieu m’a rejeté car j’ai aimé une mortelle… Euh… Mais je ne regrette rien, tu sais… Euh… L’amour est la plus belle chose qui existe… Euh… Mais il ne faut pas être égoïste. Ça doit être partagé… Euh… Pas dans un sens… Euh… Je peux t’aider si tu veux… Euh… Apprendre à connaître ton nouvel univers… Euh… Et si tu le désires essayer de te renverser la malédiction je vais tout faire pour t’aider… Euh… Je crois me rappeler que quelques personnes ont réussi.

Le colosse au corps si torturé qui renfermait une âme si pure fit un sourire où sa candeur, sa gentillesse et sa tendresse semblaient surnaturelles, céleste...
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Ven 6 Jan - 4:43
Je venais à peine d’évoquer mes craintes, mes démons de vampire, mon regret en quelque sorte d’être devenue cette .. créature de la nuit, que Bobby venait poser sa main sur moi. Une main d’une douceur et d’une chaleur infinie, le genre de ressenti que l’on ne se serait pas forcément attendu à ressentir face à un homme de sa carrure. C’était apaisant et troublant à la fois. Comment faisait-il ? Était-il un ange ? Voilà les interrogations qui traversaient mon esprit, du moins dans le fond de mon esprit, car je sentais toutes celles-ci s’envoler avec mes douleurs et mes peines. Mais lorsqu’il retire sa main, je peux voir qu’il semble souffrir encore plus que ce que moi je venais de souffrir. Peut-être même encore plus. Le fait de le voir porter ses mains à sa tête, de voir son regard s’agrandir et de pouvoir lire la panique, voire même la détresse dans ses yeux .. Ça me fit légèrement peur. Enfin, peur d’être la cause de toute cette douleur. Il se mit alors à parler dans une langue que je ne comprenais pas et je me surprend à faire un petit pas de recul. Je ne veux pas .. Je ne veux pas être la cause d’une douleur plus grande que la mienne simplement pour avoir un peu de bien .. Une larme vient même à rouler sur ma joue. Une perle rouge sang que je m’empresse d’essuyer en entendant ses mots. Il est si gentil .. Mais peut-être l’est-il trop pour son propre bien. Je m’empresse de m’avancer vers lui et de passer mes bras autour de lui. Je n’aurais jamais fait ça avant, je n’aurais jamais pris un inconnu comme ça dans mes bras .. Mais là, je pense que lui comme moi en avons besoin.

- Je ne veux pas que tu souffres par ma faute Bobby .. Tes mots simples me font du bien .. alors ne retente plus ça, même si ça m’a procurer un bien immense, car je ne veux pas que tu soufres comme je t’ai vu souffrir il y a quelques instants.

Je me recule par la suite légèrement, retrouvant ma place d’avant et je l’écoute m’expliquer avec attention ce qu’il est. Après tout, ce monde est encore nouveau pour moi et tout ce qui à trait à ça m’intéresse grandement. Je hoche légèrement la tête, assez surprise du fait qu’il connaisse la première grande porteuse de mon prénom, mais heureuse qu’il est pu faire ce qui me semble être le bon choix dans son cas.

- Oh je vois .. Tu as bien fit je pense .. Tenter de vaincre le mal par le mal ne semble pas être une très bonne solution ..

Mais au final, qu’est-ce que j’en sais ? C’est même ce que je tente moi-même de faire la plupart du temps. Je souffre donc je veux faire souffrir les autres de ma condition de nouvelle vampire. Au fond, je suis pas semblable à mon ancêtre ? Même si nous ne nous battons pas de la sorte pour les mêmes combats, pas du tout même .. Alors que nous parlons, je peux voir le regard de Bobby changer. Ça ne semble pas être plus facile pour lui de parler de ce qu’il est. Il parvient même à m’arracher un petit sourire timide, du bout des lèvres.

- Merci Bobby .. C’est pour des gens comme toi, que je ne veux pas être un monstre .. Parce que vous me donnez de la force .. l’envie de rester celle que j’étais avant.

Je ne suis pas surprise de sa requête auprès de Dieu. Il semble être un homme, ou plutôt un ange du coup, bon et généreux. Tout le contraire de ce qu’il était censé être auparavant. Je me rapproche une nouvelle fois pour venir essuyer la larme sur sa joue et lui faire un petit sourire, un peu triste.

- L’amour peut-être une chose magnifique, mais également une chose terrible .. On en sort jamais indemne, nous en sommes de parfait exemples .. Et j’accepte volontiers ton aide. Et si je peux t’aider en quoi que ce soit, il ne faut vraiment pas que tu hésites .. Je serais là pour toi, comme toi tu l’es pour moi ..

Je tente de le cacher, mais lorsqu’il me parle d’une possibilité de redevenir celle que j’étais auparavant, mon coeur mort fait comme un bond dans ma poitrine. Est-ce réellement possible ? Mon envie de rejeter ma condition est encore plus grande désormais. Je lui souris lorsqu’il en parle, mais je tente de ne pas me faire trop d’espoir. Je ne voudrais pas être déçue.

- Je pense que tu es la personne la plus incroyable que j’ai pu rencontrée de toute ma vie. Et même maintenant, sachant qu’elle sera sans doute très longue .. Je pense que je ne rencontrerais jamais plus quelqu’un comme toi .. Tu es bon, gentil, généreux et sincère .. Dieu ne sait pas ce qu’il a perdu en t’éloignant de lui .. mais l nous a donné un ange à nous ..

Je lui souris, complètement sincère. Je viens peut-être simplement de le rencontrer,mais je sens qu’il aura beaucoup d’importance dans ma vie, déjà.
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Lun 30 Jan - 21:17
L’ange déchu se raidit quelques instants, peu sûr de cette marque d’affection qu’il n’a pas éprouvée depuis son changement drastique de statut. Il n’était un fœtus de paille emporté dans la tourmente de la punition divine. Il avait perdu sa beauté physique, sa grâce angélique, son immortalité et ses ailes blanches et pures. Mais ce qui était encore plus affligeant, plus triste et plus douloureux fut la disparition de son grand amour et de la maladie de sa fille d’origine Deva. Qu’importe qu’il meure demain du moment que Sandra puise vivre, grandir, aimer et être aimé par des gens aussi merveilleux que sa mère ou bien la descendante de Caïn devant lui. L’erreur de la nature, l’être qui n’était plus céleste se mouraient doucement. À chaque fois qu’il sollicitait la parcelle de son don divin si grandiose autrefois, Robert subissait un contrecoup souvent supérieur à la guérison demandée. Son réceptacle charnel portait d’innombrables cicatrices, plaies et blessures qui reflétaient sa dévotion et sa candeur surnaturelle pour les autres. Mais ce que peu de gens pouvaient entrevoir était l’état lamentable du cœur et de l’âme de la gargouille de granit à peine sculpté. Emphatique à un point tel que chaque onze de tristesse, de souffrance et de peur qu’il absorbait lui paraissait le quadruple. Le cœur immense et rempli d’humanité et de gentillesse n’était qu’un paysage parsemé de sillon sanglant et de perforation douloureuse. L’âme immortelle, seule trace de son passé angélique, se fissurait petit à petite devant la méchanceté, l’envie et la rancœur des gens. Cet élan de compassion, de tendresse de la part de ce qui fut autrefois une tique à éliminer de la surface de la Terre fit un bien fou à la pathétique créature. Enserra la taille de la magnifique jeune femme, de cet osais de luminosité humaine entacher par une parcelle de noirceur, le géant couvert de scarification laissa parler ses sentiments forts et doux. Candeur, douceur, compassion, gentillesse, bonté et conviction firent redonner un peu de chaleur humaine à la fille de Caïn. L’ombre de ses ailes majestueuses, autrefois blanche et pure maintenant dépouiller de plusieurs plumes, surgirent pour couvrir les réconforter. Comme pour placer une protection de pénombres apaisantes sur les deux êtres si différents, mais à l’âme si proche. Mais l’enchantement fut trop tôt rompu. Les deux âmes se séparent pour replonger leurs regards, l’océanique des yeux de la bête de foire apaisante et cajolant la bronze en fusion de la vampire.

Sans un mot, l’ange déchu écouta les paroles de la jeune femme au corps svelte et à la grâce surnaturelle. Mais ce qui fit sourire tendrement la parodie d’humain fut la douceur de l’âme de la nouvelle immortelle. Espoir, tendresse, force de caractère semblaient virevolter comme des danseurs surnaturels au gré des émotions d’Artémis. Quand elle eut fini, le golem de chair tendit une main immense et rugueuse vers la vampire. Invitation d’un contact privilégié d’amitié et de confiance. Le ton rauque et caverneuse, mais aux mots entourer de douceur et de bonté, franchit les lèvres exsangues du géant laid comme le péché.

Robert- Merci de te soucier de moi… Euh… D’habitude les gens que je guéris s’enfuient de moi… Euh… Corps de monstre. Mais je n’ai pas eu le choix de prendre un corps solide, tu sais… Euh… Sinon je ne pourrais pas aider comme je le fais
.

Replongeant son regard dans les multitudes de combats qu’il avait livrés au nom d’un Dieu qui l’avait rejeté, la parcelle de Romulus revit surface.

Romulus- Ne t’inquiète pas Artémis. Je suis la dernière trace de l’ange qui habite chez Robert. Je vais te donner mon nom véritable. Romulus. Maintenant tu as un pouvoir sur moi et sur mon âme mortelle. Mais je sais que tu ne veux pas nous faire du mal comme je n’oserais jamais te faire du mal.

Le timbre de la voix était doux, fluide, gracieux et mélodieux. C’était Romulus qui chantait, qui laissait la grâce divine s’élever avec dignité, tendresse et sincérité.

Romulus- Je préserve l’esprit de Robert des horreurs que j’ai vécues. Des souffrances aussi. Il n’a que des flashes de ces combats et tourments que j’ai dû affronter. Je pourrais te dire ceci pour la violence. Souvent des êtres ne comprennent que la violence comme langage et c’est des combattants comme moi qui devaient les affronter. Mais à la mise à mort, si on tend la main à son ennemi et on lui laisse la chance d’une rédemption, voilà une belle victoire. C’est comme un cadeau que je voudrais te faire. Pour patienter avant que ton humanité terrasse la bête de la soif et la rage rouge.

Pointant son poignet, le colosse eut un sourire affectueux et doux. Revigorant comme un chaud soleil d’été et apaisant comme une fine pluie qui tapote sur une toiture de métal.

Romulus- Autrefois le sang divin qui coulait dans mes veines aurait pu te rassasier pour des années. Quelques gouttes seulement. Maintenant avec quelques gouttes de mon enveloppe mortelle, mais ayant une once de céleste, tu pourras être en forme pour une semaine à deux facilement. Tu seras en paix et en harmonie. Nous te laissons le choix, mais Robert est pleinement conscient et il voudrait que tu acceptes ce présent. Mais il va devoir se couper un peu et que tu ne devrais pas le mordre. Aussi le sang des différentes espèces auront des particularités sur toi. Le sang de garous libérera ta fureur roue à la seconde et tu voudras attaquer tous le monde. Le sang d'un vampire plus a que toi pourra te transformer en long terme en esclave, un être dominée par lui sur tous les points.


Écartant les mains comme en signe de paix et surtout pour arrêter un possible refus, l’ange déchu continua.

Romulus- Si je n’avais pas connu l’amour, je serais encore à la droite de Dieu. Mais je serais encore un guerrier, je n’aurais pas pu te rencontrer aussi. Mais grâce à lui j’ai pu connaître une élévation de mon âme. Se sentir désiré, aimé et compris. Comme tu dis, on ne s’en sort pas indemne et c’est pour cela que je me fais violence de ne plus tomber dans les filets de la passion. Mais on ne peut pas interdire à un cœur d’aimer. Je mets donc tout mon savoir millénaire, mes connaissances et mes forces pour que tu redeviennes mortelle. En contrepartie, j’ose espérer que ton amitié naissante pour Robert ne sera jamais troublée ni corrompue. Car il voit, je vois également, la lueur d’humanité de et bonté qui t’habite.

Les yeux bleutés perdirent un peu de son éclat surnaturel et la conscience du mineur reprit sa place, permettant à sa contrepartie divine de se reposer de ses efforts. Le ton hésitant, rocailleux revint à la charge.

Robert- La vie c’est des choix… Euh… Moi j’ai décidé d’aider même si beaucoup ne m’aime pas, tu sais… Euh… Comme toi c’est des gens comme toi et Sandra qui me permettent de rester ici. Merci du fond du cœur.

Une nouvelle larme, véritable trésor sans prix de douceur et d’authenticité, slaloma sur la joue mal rasée de l’homme difforme. Peu de gens laissaient entrevoir leurs émotions, leurs véritables natures, que la bête de foire, la lie de l’humanité comme plusieurs appelaient Robert dans son dos…
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Sam 18 Fév - 5:35
Je ne peux pas m’en empêcher. Cet homme me redonne envie d’aimer quelqu’un, de montrer mon affection. Il est si adorable malgré son physique et je sens qu’il pourra rapidement prendre une grande place dans ma vie. Nous ne sommes jamais aussi seul qu’on le pense et cet homme me le prouve. Il est là pour moi, pour m’aider à remonter la pente alors que je ne le connais que depuis quelques minutes. Parfois, certaines personnes sont comme des anges qui ont été posées sur notre route .. Il avait réussi par je ne sais quel tour de magie à m’enlever un peu du poids qui oppressait mon coeur et m’avait quelque peu soulager de ce fardeau. Mais de le voir aller mal à cause de moi me rendait toutefois un peu mal à mon tour .. Comme un mauvais contresort du destin. Je remarque alors une ombre passé au-dessus de nous et je relève les yeux pour pouvoir voir ce que c’est, mais .. Je n’ai pas le temps de comprendre ou de voir quoi que ce soit que ça s’est déjà envolé. J’en ai un petit frisson, me demandant ce que ça pouvait bien être et je m’éloigne finalement des bras du grand homme. Je me dévoile par la suite un peu de moi-même, lui disant qu’il est important pour notre vie à nous et que Dieu ne sait pas ce qu’il perd. Mes parole semblent trouver écho en lui, car il en semble heureux et m’adresse un sourire. Ça me fait du bien de rendre les gens heureux à mon tour.

- Tu n’es pas un monstre, loin de là .. Ton corps ne reflète seulement pas ce que tu es au fond .. Moi je le vois, tu es un être extraordinaire ..

Je lui souris une nouvelle fois et je suis alors assez chamboulée par ce qui se passe par la suite. Une lueur passe dans le regard du géant avant que sa voix et son attitude, sa façon de s’adresser à moi change du tout au tout. Il se présente alors comme étant Romulus, l’ange à l’intérieur de Robert et je ne suis pas certaine de réellement tout cerner ce qui est entrain de se passer. Je hoche pourtant la tête en l’entendant parler, n’osant pas dire quoi que ce soit ou intervenir. Il me dit qu’il est un ange et je le crois, même si ça me perturbe énormément. Après tout, je suis complètement nouvelle dans cet univers et je n’ai pas tous les repères nécéssaire pour savoir si quelqu’un me ment ou non .. De toute façon, je ne pense pas qu’il me mente. J’ai apparement un pouvoir sur lui, mais je sais aussi que lui en a un sur moi .. C’est l’un des rares à avoir su me redonner le sourire quand j’étais ici. Je comprends un peu mieux l’histoire de Bobby, même si je ne suis pas certaine encore une fois d’avoir le niveau nécéssaire pour tout comprendre. Il me désigne finalement son poignet en me disant vouloir me faire un cadeau. Il me parle de sang divin et je ne tarde pas cette fois à comprendre de quoi il en retourne. Il m’offre son sang, cette invention divine qui coule dans ses veines et qui pourrait me permettre de rester en forme pendant un bon moment sans avoir à me nourrir de sang humain comme je n’ai pas le choix de le faire .. Surtout qu’en ce moment, c’est rarement suffisant et je me retrouve rapidement à nouveau assez faible. Il me dit que Robert est conscient, qu’il voudrait que j’accepte l’aide .. Mais je ne sait pas, je .. Même s’il me l’offre de lui-même, je ressens cette prise de sang comme une prise, un impact sur notre relation. Et en plus, je vois toujours cet acte comme contre-nature et insensé. Je me mord la lèvre en notant les autres informations qu’il m’apprend par rapport aux effets que me donneront la prise du sang qu’il m’offre. Je ne pense toutefois pas que je me nourrirais pas du sang d’un autre surnaturel .. À moins que ce soit fait contre mon grès.

- Je ..

Mais je n’ai pas le temps de dire autre chose qu’il me fait signe d’arrêter de parler, se relançant lui-même. Je l’écoute une nouvelle fois, me mordillant encore la lèvre et je hoche lentement la tête en entendant ses paroles. Je le comprends de ne plus vouloir aimer, moi aussi je me sens comme ça à présent, même si mon coeur frémit en ressentant encore des papillons lorsque je pense à Éliaz .. Des papillons armés de couteaux pour le moment, mais quand même.

- Merci .. Merci pour tout ce que tu fais pour moi, mais également pour tout ce que tu fais pour lui .. Tu n’as pas a t’inquiéter, même si je ne comprends pas encore tout, je connais les valeurs de l’amitié et je ne le laisserais pas tomber ..

J’adresse un sourire à l’ange, mais je pense que Robert est déjà revenu à «lui-même». Romulus m’a-t-il entendu ? Je n’en saurais sans doute jamais rien. Je secoue lentement la tête, toujours un doux sourire sur mes lèvres en entendant les mots de Robert.

- Merci à toi surtout .. Pour être qui tu es, malgré que ce ne soit pas facile .. Mais je ne peux pas accepter ta proposition, pour le moment, je ne m’en sens pas prête et je suis tellement .. surpris et épuisée par cette journée que je ferais sans doute mieux de retourner maintenant à ma chambre .. De toute façon, on doit déjà être en train de me chercher partout et je ne veux pas avoir d’ennui ou que tu en ai par ma faute .. J’espère qu’on se reverra au plus vite Robert. Prend soin de toi d’accord ? Je ne voudrais pas qu’il t’arrive de mal .. Et nous serons toujours là pour toi, ne t’inquiète pas ..

Je viens lui faire un autre câlin, me mettant ensuite sur la pointe des pieds pour venir embrasser délicatement sa joue. C’est mon ange en quelque sorte et je veux en prendre soin. Je lui offre un dernier sourire avant de finalement sortir de la pièce alors que justement on peut entendre la voix d’un infirmier qui m’appelle.
FIN
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