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Mer 6 Déc - 23:01
Sideshow
Navrant ? Navrant.

Navrant ? Vraiment navrant.

Navrant navrant.

Réellement sincèrement navrant.

Quoi donc, ô Magicien fabuleux de notre cœur, vous entends-je soupirer de si loin ? Mais, pardi, mes enfants, qu'y a-t-il de plus navrant que de jouer le Songe d'une Nuit d'Été dans une ville paumée dans un pays paumé ? Eh bien, jouer le Songe d'une Nuit d'Été dans un bar paumé à Oslo en Norvège !

Sérieusement, les gars, sauvez-moi. Voyez à quoi j'en suis réduit ! Moi ! Alsahir Alkhabith, hey key hey le Magicien, officieusement négociant pour Da Big Boss le diable, officiellement simple modeste acteur de théâtre, je me retrouve à faire le pitre pour une bande d'ivrognes parce que, figurez-vous laydizz eind genteulmein, que Da Big Boss ne me file pas un rond, et que je dois me débrouiller tout seul comme un grand pour gagner ma vie.

Intermittent du spectacle. Moi. Z'imaginez, un peu ? Au 36ème sous-sol, les z'amis, je vous f'rais dire que je suis une pointure. Jamais un retard, jamais un défaut de paiement, jamais une plainte, jamais un pas de travers. Et en échange, rien, que dalle. File-nous ta note de frais, gamin, on t'remboursera à ton retour parmi nous. HA. La belle affaire ! Vous savez combien de temps ça met à expirer un corps humain ? Hein ?!

Oh.

Oui, c'est vrai, vous le savez…

Hénihouai, comme diraient les Argentins, puisqu'il faut bien croûter, que je suis spécialisé dans le théâtre, et que je ne peux raisonnablement ni déraisonnablement pas louer mes services de négociant en âmes au premier venu (encore que…), j'interprète des pièces pour les badauds de base. Dans des bars pourris, ouais, parfaitement, le premier qui rigole je lui fais pousser un organe supplémentaire pour l'exploser par la suite. Oui, j'en suis capable.

Et donc me voilà sur scène, et tu parles d'une scène, mon ami ! Un coin calé sur quatre pauvres planches, inséré entre deux tables minables, c'est à peine si on peut appeler ça une scène. Et j'appelle pas ça une scène, j'appelle ça une honte, les gars.

Alors dans ces conditions, oui, interpréter le Songe d'une Nuit d'Été, c'est navrant. Heureusement que je n'ai pas besoin de partenaires.

Un charmant pantin que j'ai créé magiquement de toutes pièces se dandine devant moi alors que nous arrivons enfin au terme de cette torture :


OBÉRON

À présent, jusqu’à la pointe du jour,
Que chaque fée erre dans ce palais.
Nous irons au beau lit nuptial,
Et il sera béni parmi nous ;
Et la lignée qui y sera engendrée
Sera toujours heureuse.
Ces trois couples d’amants
Seront toujours sincères et fidèles,
Et les taches de la main de la nature
Ne se verront point sur leurs enfants.
Jamais signe, bec de lièvre, cicatrice,
Ou marque de sinistre augure, qui sont
Si pénibles à voir au jour de la nativité,
N’existeront pour leurs enfants.
Fées, dispersez-vous ;
Qu’avec la rosée des champs
Chacune voue chaque appartement
De ce palais à la douce paix,
Il subsistera toujours en sûreté,
Et le maître en sera toujours béni.
Allons, vite,
Ne tardons plus
Venez me rejoindre au point du jour.



Et moi de répondre :


PUCK

Si nous, légers fantômes, nous avons déplu,
Figurez-vous seulement (et tout sera réparé),
Que vous avez fait ici un court sommeil,
Tandis que ces visions erraient autour de vous.
Seigneurs, ne blâmez point
Ce faible et vain sujet,
Et ne le prenez que pour un songe :
Si vous faites grâce, nous corrigerons.
Et comme je suis un honnête Puck,
Si nous avons le bonheur immérité
D’échapper cette fois à la langue du serpent,
Nous ferons mieux avant peu,
Ou tenez Puck pour un menteur.
Ainsi ; bonne nuit à tous.
Prêtez-moi le secours de vos mains si nous sommes amis
Et Robin vous dédommagera quelque jour.


Allez, zou, fin du spectacle, rideau !

Le rideau tombe, ou, plutôt, je le tire laborieusement, je dissipe sitôt mes illusions, et sans même prendre la peine de me démaquiller, je file m'installer en douce à une table, où le patron m'apporte mon paiement, comme convenu : un steak frites.

Chienne de vie. Je vous signale que dans un autre lieu concomitant à cette Terre, je suis une entité qui dépasse de loin, de très loin, l'imagination du plus vif d'esprit. Et je bouffe un steak frites. Finissons-en avec cette humiliation, achevez-moi…
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Ven 5 Jan - 17:46
Je n’ai pas vraiment eu le choix de prendre une soirée de repos. Ma chef ne m’a pas donné le choix en fait. Je pense qu’elle en avait marre de voir ma tête et de m’entendre râler sur mes internes incompétents. Alors que faire d’une soirée libre alors que je n’en ai pas eu depuis des semaines ? Oui, bonne idée : aller boire un verre. J’ai arpenté les rues de la ville pendant un long moment, sans avoir de réelle envie d’entrer dans l’un ou l’autre des bars que je croises. J’ai fini par pousser la porte d’un bar où je suis certain de ne pas trop me faire emmerder, un endroit où je pourrais simplement être tranquille. Enfin, c’est ce que je pensais jusqu’au moment où, déjà installé au bar, un verre à la main et en train de le porter à mes lèvres, quand j’ai entendu un homme commencer à parler sur la scène dans l’un des coins du bar, scène que je n’avais d’ailleurs même pas remarqué. C’est quoi ça en fait ? On dirait qu’ils ont simplement foutu trois ou quatre planches ensembles parce qu’ils ne savaient pas quoi en faire et que le mec a décidé de grimper dessus. Il est engagé ou il fait ça simplement parce qu’il est bourré ?

Je me retourne vers la scène, gardant l’un de mes bras tout de même appuyé sur le bar et j’observe ce qu’il se passe. Si ce mec est bourré, il sait tout de même vachement bien manier la langue. Bon, en vrai, j’y comprends pas grand-chose. Y’a encore des gens qui parlent comme ça de nos jours ? Pourtant, je suis étrangement captivé. Peut-être par le look étrange de l’acteur ou de la façon étrange de bouger de la marionnette à ses côtés. Comment est-ce qu’il fait pour la faire bouger comme ça ? C’est vraiment louche..

Le spectacle touche finalement à sa fin et je remarque que quelques autres personnes semblent toutes aussi captivées que moi par ce spectacle étrange et surprenant. Comme moi, je pense qu’ils n’y comprennent rien, mais qu’ils se sont laisser entraînés. Je termine mon premier verre et j’en commande un nouveau, un autre en plus aussi quand je vois que l’acteur descend de la scène après avoir visiblement galèré pour tirer le rideau. C’est vraiment tout pourri comme salle de spectacle. Après, c’est vrai que déjà de l’extérieur ça ne donnait pas une très bonne image de l’endroit. Pourquoi je suis entré moi déjà ? Ah oui, parce que j’avais nulle part d’autre où aller.

Je vois l’homme venir s’installer à une table pas très loin de moi et du coup, je prend mon verre et celui que j’ai commandé de plus pour aller le poser devant lui sur sa table. Je ne fais pas ça pour draguer ou parce que j’ai particulièrement envie de parler avec quelqu’un. J’sais pas trop pourquoi je le fais en fait, mais je le fais quand même.

« C’était pas mal comme spectacle. Je ne m’attendais pas à ça en venant ici. »

Je ne vais pas m’installer à sa table directement. Je vais commencer par voir sa façon de réagir et si j’ai réellement envie de lui parler plus longtemps.
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Mer 10 Jan - 0:08
Sideshow
Très franchement, les copains, les Norvégiens, s'ils sont forts pour une chose… c'est certainement pas la bouffe. En guise de steak, je reçois la semelle de botte d'un chasseur de trolls qui a fait de la descente en rappel dans la chute d'eau de Stigfossen.

Quant aux frites… j'ignore dans quoi elles ont frit, justement, mais je ne pense pas prendre trop de risques en affirmant que :
1- ce n'est pas de l'huile de cuisine ;
2- c'est peut-être bien de l'huile de moteur ;
3- c'est définitivement de l'huile de moteur.

Aaaah, la Norvège ! Oslo ! Venez-y, vous verrez du pays ! Vous visiterez des lieux magnifiques ! Et vous mourrez de faim ce faisant. On ne peut pas tout exiger de nos si repoussants hôtes, si ? Si ! À commencer par le froid, déjà ! Que ceux qui avancent la théorie du réchauffement climatique osent me l'exposer en face ! Je la leur ficherai, leur face, tout droit dans le premier tas de neige venu, ce qui, croyez-moi croyez-moi pas mais surtout croyez-moi, est littéralement plus répandu que la langue la mieux pendue.

Je fatigue…

Il me faudrait un élément déclencheur, et vite.

— C'était pas mal comme spectacle. Je ne m'attendais pas à ça en venant ici.

Ding-a-ding ! Mais quelle surprise, un élément déclencheur et vite ! Je suis le premier étonné, j'avais l'impression d'avoir attendu un mois environ. Je suis si s'étonné que je lève les yeux z'au ciel, et comme l'élément déclencheur se trouve entre Djizeusse Çaune Hauf Gaude et votre serviteur, je le fixe droit dans ses pupilles de chaton perdu.

Je zieute qu'il a z'également zépo un verre à bière pépère sur ma table, comme si le copain et moi on était copains. Ce qui n'est pas intégralement faux, 'tention. Je suis un garçon sympa et fort avenant (chat me up, laydiz).

— Et je ne m'attendais pas à ce quelqu'un l'apprécie, finis-je par répondre. Je pensais n'être entouré que de philistins !

Ce qui est un terme mal usité. En réalité, les Philistins étaient des gens très éduqués et versés dans les arts et la culture. Ça vous en bouche un coin, hein ? Je peux l'affirmer, je les ai connus, les Philistins ! Ce sont les Allemands quit ont tout fédormé ! Et je peux aussi l'affirmer, je les ai connus, les Allemands !

— Mais je vous remercie du compliment, mon ami.

D'un geste de la main, je l'invite à prendre place à ma table pour m'accompagner dans mon ““““repas””””. Vous noterez le nombre de guillemets.

— C'est toujours un plaisir d'avoir affaire à un amateur d'arts.

Je prends le verre à deux mains tellement il est mastoc, et j'en sirote un bon p'tit bout. Cette bière a très bon goût. Et vous savez pourquoi ?

Parce qu'elle a le goût d'un nouveau contrat. Et ça, ça… ça, mes z'amis z'et mes amieuhs, ça a le goût du Paradis, Da Boss me pardonne du blasphème.

— Merci, le remercié-je (duh). Je suis Alsahir, et je suis ravi de partager ce moment avec vous.
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